KultuR Kampf : contre “La lumpen”-isation en marche…
Le Lumpen prolétariat a été de nombreuses fois analysé depuis Marx et Engels au XIX ème siècle. Je voudrai,ici, tenter de dresser la carte de la lumpen – bourgeoisie du XXI ème siècle,qui à mon sens, est le phénomème sociologique et politique le plus notable depuis les années 80 qui correspondent à l’accélération de la mondialisation.
Ce n’est pas à proprement parlé une nouvelle classe sociale mais un processus idéologique qui conduit les classes moyennes,petite bourgeoise ou bourgeoise classique à agir autant dans le discours normé que dans les décisions politiques qu’elles prennent par exemple en votant systématiquement pour des partis ultra-libéraux à droite de l’échiquier politique et en imposant la régression sociale pour les classes laborieuses en Europe,en Amérique du Nord,Asie orientale et le monde entier …
Le phénomène est planétaire et transcende la ligne Nord-Sud de l’après seconde guerre mondiale avec le grand mouvement systémique de décolonisation. La Bourgeoisie compradore du Sud sans patrie composée de marchands ,d’affairistes et d’agioteurs travaillant en symbiose avec les ex-métropoles coloniales est tout à fait comparable à cette lumpen bourgeoisie du Nord. Sa caractéristique tient en grande partie à l’acculturation appuyée par les mass médias, seuls moyens pour cette lumpen-bourgeoisie de conditionner les esprits ou appeler autrement “peopolisation des esprits “
Elle se distingue des anciennes classes dominantes de la société par l’abandon de valeurs propres à l’ascétisme comme la valeur -travail ce que Weber avait montré pour le capitalisme productif dans son décryptage de l’esprit du capitalisme moderne au début du XXème siècle, en adoptant un nouveau type de comportement ,celui du consumérisme hédoniste à partir du seul capital fictif et dilue sa domination culturelle élitiste dans une culture de spectacle marchande où règne le triptyque “fric,frime,fripe” .
Autre distinction saillante,c’est sa proximité voire complicité avec les criminalités organisées dont elle peut-être issue ou s’intégrer par ce qu’elle est sans scrupule quand il s’agit de faire de l’argent.Nombre de scandales politico-financiers relevés durant cette période en démontrent la pertinence comme son grand laxisme devant les spoliations et spéculations boursières actuelles ( les affaires sont les affaires,elles reprendront d’elles-mêmes: c’est son crédo libéral !)alors que dans le même temps elle réclame un contrôle de plus en plus étroit des classes laborieuses jugées pour elle ,dangereuses,au nom des sacro-saintes Sécurité et Productivité . L’Etat qui ne parvient plus à réguler la globalisation financière ,qui se désengage du terrain économique et social en abandonnant son rôle de welfare -state ne garde comme fonction que celle d’un Etat policier à son service.
la lumpen-isation en marche ,c’est le reflet de cette mondialisation.D’un monde sans Etat de droit où seuls des réseaux mafieux ou communautaires ou corporatistes ou patrimoniaux ou personnels l’organisent pour le seul profit du “marché” ( nouvelle religion aussi oppressante que les précédentes !) C’est pourquoi le citoyen d’aujourd’hui éprouve des difficultés à faire entendre sa voix, se refugie dans l’abstentionnisme politique par démoralisation et sentiment d’impuissance.
C’est à un kultur Kampf ,c’est à dire une politique de combat pour la culture, pour retrouver le sens de la vraie vie, que cette carte mentale vous convie en pointant de façon claire le phénomène en cours et re-donner l’envie ou le désir d’émancipation.

Nadia Burggraeve©Utopi-Uns/2009.
Pour utiliser cette carte mentale ,merci d’en demander l’autorisation à l’AuteurE.
Mythologie :Heart Break Island ,île du coeur brisé …
Heart Break Island ( île du coeur brisé ) ou Island of Tears ( île des larmes ) autant d’expressions pour exprimer le déchirement dans un lieu mythique, Ellis Island, en face de Manhattan à New York ,ce vaste complexe aménagé où, de 1892 à 1954 ,plus d’une vingtaine de millions d’ européens ont débarqué.L’ïle des pleurs ,des larmes en refoulait 2 à 3% dans leur pays d’origine.

Mais ,cette expression comprend aussi un sentiment plus profond que la simple déchirure de ceux ou celles laissés sur les quais et sommés de repartir dans leur terres d’abandon Ce sentiment qui traverse chaque exilé au loin et qui est partagé entre-eux mais qui sommeille faute de pouvoir l’exprimer.le refoulement agit dans la mémoire .Il est d’autant plus profond qu’il est collectif et qu’on le brime.On pense que c’est une date anniversaire que celle d’être entrés par la Porte d’Ellis Island.On compte,désormais,ces années qui s’égrènent avec le compteur mis à zéro sur le jour qui vous a vu fouler le pied de l’île des larmes -sans regrets -On ne perd rien,on y gagne sa vie – une vraie mystique …
Il y a des “HeartBreak IslandS” un peu partout dans le monde où chacun ressent dans ces lieux d’enfermement sélectif , le même profond déchirement de la séparation, de la solitude qui vous guettera, de l’accueil froid qui vous sera réservé,du déracinement, et d’une intégration qui restera toujours inachevée ou en marge. Loin de votre terre natale,vous êtes l’étranger.
Les Etats-Unis sont une nation de migrants mais l’on a pu voir les limites du melting pot ,car ces derniers étaient victimes de la ségrégation spatiale et sociale ,confinés et parqués par les migrants de longues dates,ceux d’Europe du Nord-Ouest ,anglo-saxons pour la plupart,Hollandais,Irlandais et privilégiés par la rigueur des lois sur les quotas d’immigration.Après Ellis Island ,les ghettos de pauvres des grandes métropoles , ils s’y regroupaient en communauté – italiens, juifs d’Europe centrale et orientale avec ses delicatessen - pour éviter de s’y perdre ,même si très vite,ils se fondaient dans la masse par le travail et l’adoption du mode de vie américain et, même si ces migrants européens n’avaient pas la couleur noire, celle des natifs américains ,la vraie couleur de la discrimination.
C’est pourtant grâce à eux que les Etats-Unis sont devenus une immense puissance au cours du XIX ème et XXème siècle.
Le Musée d’Ellis Island leur rend hommage.
Comme La France rend hommage aux siens avec la Cité de l’immigration à Paris ….
Utopi-UNS/ 2009.
Anti-POEsie ! a red fashion victim

Est-ce le vrai visage
de la honte,
Ce faux rouge au bout du compte,
Contre-coeur du camouflage.
…
Ce rouge surprit de se faire prendre,
En flagrant délit de mensonge,
CAUSE,amis,camarades,que de faux songes!
Tout est trahi pour entreprendre .
…
C’est un choc ,ce rouge sur le visage de l’autre,
malgré sa fugacité
sans gré
Affolé par le fol fautif qui se vautre.
…
Nadia Burgrave Burggraeve/Utopi-UNS/2009
Best regards …
Best regards :Souvenirs d’Amérique
…

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les cartes postales,on se les envoie à chaque occasion de déplacement ou de voyages pour marquer notre souvenir des lieux traversés par nos pérégrinations et témoigner notre affection aux siens. Il fut un temps aux Etats-Unis où les américains s’envoyaient des cartes postales d’un genre inédit.
Durant l’année 2009 qui commença par l’investiture du nouveau président Obama le regard sur l’Amérique par la photographie fut mis à l’honneur par une série d’expositions comme Walker Evans ( Musée d’art moderne,NY) ou American dream ( Musée européen de la photographie,Paris) consacrées à la vie quotidienne américaine saisie par l’objectif.
Puis vint l’été ,où des honneurs on est passé aux horreurs .
…
La plus saisissante de ces expositions,sans aucun doute , celle présentée aux 40ème Rencontres d’Arles en France de juillet à septembre, Without sanctuary How did we do this ?
(Sans sanctuaire: comment avons -nous pu faire ça?)
Exposant des scènes collectives de lynchage de Noirs américains dans le Sud des Etats-Unis sous l’oeil complice d’une foule blanche obscène et ahurie, et la neutralité bienveillante des autorités locales ,shérif et maires,l’exposition montre une série de plus de 50 photographies jaunies par le temps mais encore vives dans leur contenu sidérant.
Ce n’est pas la barbarie d’une justice illégale sur des innocents accusés de crimes sans autres fondements que les préjugés raciaux qui est insoutenable;ce n’est pas de savoir qu’on peut-être condamné pour de menues entorses insignifiantes au code de bonne conduite bourgeoise comme regarder une femme blanche qui est révoltant ;ce ne sont pas non plus les exécutions sacrificielles de la secte du Ku Klux Klan qui firent du bruit qui scandalisent .
Non,c’est pire que ça.C’est la vie quotidienne,la banalité de la routine,de la profonde crasse journalière qui vous glace d’effroi par le silence incroyable du racisme ordinaire et collectif sans complexe ni culpabilité,d’une foule abrutie qui prend un plaisir viscéral et sadique en famille ,avec parents, enfants et voisins à faire la fête au village puis assister à ce spectacle morbide,ces lynchages souvent annoncés par voie de presse.
La triste banalité du mal qu’a si bien décrite H. Arendt à propos de l’antisémitisme.C’est ça qui vous plonge dans une profonde consternation.
Dans cette terre de liberté ,Les meneurs-les blancs- ne sont jamais punis de leurs crimes odieux parce qu’ils sont blancs tout simplement.C’est ça la liberté . Mieux encore : des cartes postales exhibant les exécutions racistes circulent aux Etats-Unis librement vendues dans les bureaux de tabac aux touristes et aux habitants qu’on s’adresse à diverses occasions pour terminer dans les albums de famille.
Quelle jouissance écoeurante !Elles servaient à perpétuer dans la mémoire des Blancs américains,le souvenir des heures glorieuses des Wasp (white anglo saxon protestant ),conquérants de l’Amérique ,repoussant toujours plus loin les frontières de l’espace de civilisation européenne , cette promise land devenue un enfer pour les autres, dominant la nature généreuse de ce continent,jusqu’à massacrer ceux qu’ils ne considéraient pas comme alter ego- humains- ou les parquer pour les rendre invisibles ( Elison) .Après les Indiens, les Noirs « ces chimpanzés graisseux »(lovecraft).
La question noire n’a jamais été résolue malgré les égalités théoriques d’un Etat de droit,après l’esclavage,la ségrégation et la discrimination actuelle ,c’est une Amérique qui refuse de voir qu’elle laisse les Noirs s’effondrer dans les ghettos croit à son discours imaginaire et fait croire que l’élite noire qui réussit est la preuve intangible de la fin du racisme,de l’efficacité de sa morale vertueuse et réactionnaire et de son mode de production capitaliste concurrentiel et brutal. Ce déni ,pourtant, obère toute prétention à donner des leçons de morale politique à l’universel.
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Il faudrait bien plus, que l’élection d’Obama pour que la page soit définitivement tournée. Le Président Obama le sait. Il n’est pas dupe.
Il faudrait que s’opère une vraie révolution culturelle en profondeur sur ce continent ,détruire tous les codes culturels du Wasp, sûr de lui,orgueilleux,imbu de lui-même,méprisant, violent,égocentrique et impérial ,cette mentalité de petit chef blanc héritage même du vieux continent; Eduquer toujours et encore plus,encore plus loin, car seule l’éducation permettra d’éradiquer ce qui a impliqué toute une société :la banalité du mal de ce racisme ordinaire que l’on constate sur les photographies de James Allen,engager une vraie psychanalyse des masses pour sortir de cette névrose obsessionnelle et permettre l’édification d’un vrai melting pot ce dont rêve chacun de nous. A ces conditions culturelles ,accepter l’altérité , s’ajoutent des conditions économiques et sociales,égalitaires,le substrat fondateur en dehors duquel,toute disposition humaniste est une rhétorique de connerie.
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James Allen ,antiquaire de son état , a pendant 25 ans collecté cartes postales ou photo-souvenirs,aux Etats -Unis, entre 1900 et 1930, qui font oeuvre de témoignages historiques ;il a aussi engagé une recherche d’identification des victimes pendues aux arbres ou brûlées vives à petit feu après avoir été frappées ,mutilées et torturées. 60% de ceux dont ils possèdent le cliché funeste ont pu sortir de l’anonymat. C’est encore trop peu. Un livre a été publié,un site leur est dédié. Without sanctuary qui trouve une terminaison mémorielle d’un continent à l’autre,d’un monde à l’autre,elle se pose comme trait d’union.
En effet,l’Europe n’a pas sur le chapitre du racisme et de la colonisation fini son long travail d’éclaircissement malgré une avancée certaine sur le plan juridique qui punit la haine raciale et les crimes racistes et, l’histoire scientifique qui expurge la mauvaise conscience enfouie dans la mémoire collective.
Que n’entend-t-on déjà s’écrier dans la populace dont l’écho est amplifié par les intellectuels organiques et
les médias: halte à la commémoration perpétuelle,halte au racisme anti-blanc( nouvelle foutaise),nous ne sommes pas les les seuls à avoir commis des exactions!
Donc ,quoi? On serait absout? Mais qu’est-ce que ces sous-pesages de maquignons!
Bien sûr que nous ne sommes point naïfs. Que l’esclavage n’est pas une spécificité de l’Europe marchande,oui. Que l’ethnocide est une bonne vieille pratique qui ne connaît pas de frontière,oui. Que le racisme est la langue la mieux partagée du monde.Que les forts écrasent les plus faibles pour survivre . Oui.
Que la relégation des autres ,des immigrés,étrangers en marge de la société qui par conséquent produit des regains communautaristes et religieux rétrogrades et liberticides ne sont pas l’apanage des Blancs .Oui,trois fois Oui.
Les mécanismes d’oppression ici des pauvres ,là des noirs,ailleurs des femmes, des autres,races, classes,sexes,genres sont bien connus,les exemples abondent de par le monde ,de toute nature ,de tout temps,tout espace,toute civilisation,culture ,mais en aucun cas,ils ne doivent servir de prétexte à l’amnésie ou à l’indifférence coupable ou l’auto-absolution,La seule façon de s’en sortir est de travailler sur soi, afin de devenir exemplaire,c’est à dire exempts de tout reproche pour progresser. Car il s’agit bien de progrès à faire et l’on a jamais terminé de progresser à moins de mourir,de progrès pour sortir de la sauvagerie des rapports sociaux inégaux qui génèrent oppressions après oppressions , massacres après massacres; un travail sur soi pour changer de société, vers l’humanité toujours approchée rarement atteinte.
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Entre 1882 et 1968 ,il y a eu plus de 4000 lynchages de noirs américains rappelle le Centre pour les droits civiques et humains d’Atlanta dont les 200 clichés de la collection de James Allen sont devenus sa propriété . A Atlanta,justement,symbole de l’histoire de l’émancipation des noirs américains,la ville de Martin Luther King dont le centre ouvrira ses portes en 2012. Il s’est donné pour mission d’honorer les victimes d’actes racistes , de protéger les générations futures contre de telles barbaries et de servir l’éducation non seulement aux Etats-Unis mais dans le monde.
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We have a dream
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Nadia Burggraeve Burgrave, Utopi-Uns/2009
Références :
- Quelques clichés de la collection de James Allen
http://www.withoutsanctuary.org/main.html
Searching through America’s past for the last 25 years, collector James Allen uncovered an extraordinary visual legacy: photographs and postcards taken as souvenirs at lynchings throughout America. With essays by Hilton Als, Leon Litwack, Congressman John Lewis and James Allen, these photographs have been published as a book “Without Sanctuary” by Twin Palms Publishers . Features will be added to this site over time and it will evolve into an educational tool.Experience the images as a flash movie with narrative comments by James Allen, or as a gallery of photos which will grow to over 100 photos in coming weeks. Participate in a forum about the images, and contact us if you know of other similar postcards and photographs.
- Le centre pour les droits civiques et humains- Atlanta-
http://www.cchrpartnership.org/
The Center will not only commemorate the groundbreaking contributions of Atlantans and Georgians to the historic struggle for African-American freedom and equality, but also serve as a space for ongoing dialogue, study, and contributions to the resolution of current and future freedom struggles of all people at local, national, and international levels.
