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Archive pour février 2009

Mythologie ( 5) : la crise existe-t-elle?

Question du jour :

La crise existe-t-elle ?

Ou bien est-ce une fiction inventée de
toute pièce pour justifier encore plus de pressions patronales et
d’exploitation et,  re-capitaliser fond de pensions , banques et
capital à bon compte, c’est à dire grâce au  travail, pour
mieux nous aliéner et nous faire consentir à des sacrifices et

mieux perpétuer cette ahurissante loi du marché et de la spéculation.

Encore une mythologie?

Quoi qu’on en  pense,La stratégie de la peur,ou la théorie du Choc selon Naomi Klein s’est
accélérée depuis la crise des  Sub primes, dûe  à l’ affolement des spéculateurs  quand la crise des liquidités s’est faite jour.

Cette stratégie de la peur explique notre consentement – nous a-t-on demandé démocratiquement quelquechose ?- fabriquée,là-aussi, par les médias ,ces faiseurs d’opinion,aux interventions massives des Etats à travers des plans de sauvetage , des plans  de relance ,c’est à dire des interventions provenant de la société elle-même,  qui se chiffrent en milliards, des sommes astronomiques pour perdurer un système qui appauvrit à court et à long terme.

Mais Sauver quoi ?

La Misère ? le chômage? les inégalités  accrues,la destruction des hommes et de la nature!

C’est donc à une sorte de suicide collectif auquel nous sommes conviés,au nom du maintien de l’ordre économique pour quelques puissants actionnaires.

Mais,quand on voit combien la complicité des Etats et du capital spéculatif est grande ,on sait bien qu’il s’agit du même ordre , de l’ordre tout court. Cette stratégie de la peur nous fait croire que l’Etat nous protégerait de

l’ effondrement ,du chaos .On nage,alors, en pleine illusion lyrique… l’Etat n’est qu’un outil servile aux mains des élites économiques et intellectuelles.Et pour l’effondrement ,le chaos, il nous reste une alternative:changer d’ordre.

Car,pendant que l’Etat sauve le capitalisme,dans le même temps ,chaque gouvernement pratique la violence d’Etat contre les plus faibles -tous les «  Sans » papiers,emplois,logis,argent – méprisés,spoliés,traqués,punis,utilisant grâce  au  profit du travail , le dernier -cri de la technologie de contrôle bio-politique ( fichiers liberticides,usage de la biométrie,test ADN) et de répression haut de gamme (police
anti-émeute) la plus sophistiquée,criminalise,judiciarise, toute forme de contestation sociale quand bien même celle-ci est encadrée ,et , s’aplatit avec une docilité consternante devant  les puissants ,fiction de crise économique oblige ,les renfloue quand ils perdent dividendes et privilèges.

Et ,si on « profitait »
de cette fiction de crise  ou bien  si on en inventait une,UNE et une seule,la même, ensemble, la dernière,la der des ders pour se libérer ?

Nadia Burgrave Burggraeve©Blog des@Utopiens/2009.

AnTi PoEsie : Nicanor Parra,une expression anti-politique ?

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Qu’est-ce que l’anti poésie ?

Dans un sens étroit,cela signifie «  contre la poésie »,le terme est utilisé depuis longtemps en français.

C’est ainsi que l’on a qualifié bon nombre de poètes d’anti poètes à partir du moment où ces derniers ne respectaient pas la tradition littéraire et les canons de l’écriture.

Anti poète comme injure,mépris,incompréhension…dans le registre péjoratif.

Mais en tant que concept littéraire,il est clairement revendiqué par Nicanor Parra,écrivain

chilien né en 1914,reconnu au Chili comme dans le monde entier,au point qu’il est pressenti

pour un prix Nobel de Littérature et qu’il a fait de l‘Anti poésie,un art à part entière,

indiscutablement…

La poésie de Nicanor Parra est une poésie qui se débarrasse du lyrisme pour emprunter une forme

populaire,volontiers iconoclaste,ironique ,drôle ou pessimiste,provocatrice comme

le sont les avants-gardes mais qui s’en distingue par le choix subtil et réfractaire

d’abandonner leurs obscurités langagières et leur élitisme.

« Nicanor Parra se démarque de sa génération par son antilyrisme radical et par sa tentative de faire de la poésie le reflet même de la vie. Néanmoins ce concept de vie que l’antipoésie parraenne mettra de l’avant est inséparable de la présence de l’homme commun, de sa vie quotidienne, de son langage enraciné dans la culture populaire, de son humour festif ou noir et de son attachement aux essences de la chilenidad. »

in Nicanor Parra,l‘antipoésie au temps de la virtualisation ,chap.3 .

Tout juste découverte,

et sans expertise poussée de ma part,

la simple lecture de la poésie de Nicador Parra s’écoute sans ennui grâce à ses sonorités variées,multivoques,plurielles…

Le «  soliloquio del individuo » à la vibration ontologique,

«  Artefactos » et son USA Donde la libertad es una estatua » comme un éclat de rire.

Cependant, sa vie d’artiste si elle est connue ,commentée,encensée , son anti-Néruda(-isme) bien cerné , ses positions politiques me restent assez obscures.Si j’osais,je le comparerai volontiers à cet apolitisme de droite franchouillard qu’on trouve chez Audiard, libellé par quelques plumes ” d’anarchiste de droite ” sans peur des antithèses!

Alors, Nicanor Parra inclassable ? Inclassable dans une Amérique latine vouée,à cette époque -là ,aux dictatures militaires ou populistes…

Peut-on se détacher à mots couverts, en jouant de l’absurde et du non -sens  même avec un ton grossier  quand il est interdit de dire,interdit de s’exprimer,interdit de contester ? C’est à ce parti pris littéraire que Nicanor Parra doit son anti poésie, quand son apolitisme moqueur  s’affiche avec “la Izquierda y la Dérecha unidas jamas seran vencidas “  au point de devenir une position anti-politique ?


Nadia Burgrave Burggraeve©Blog des@Utopiens/2009.


Références :

Biographie et Anthologie universitaire et attitrée:

http://www.nicanorparra.uchile.cl

http://www.antiweb.cl/parra.html

Une thèse de Philosophie (sans nom de l’auteur ) qui se lit bien et dévoile d’autres sens de lecture:

http://www.theses.umontreal.ca/theses/pilote/oddo/these_body.html

Un album personnel de photographies prises lors de l’exposition consacrée à Nicanor Parra

au Palais de la Moneda par une curieuse internaute sus-nommée Rachel à Santiago,et qui ne connaît pas Allende

http://rachelchili.blogspot.com/2006/09/nicanor-parra-lantipote-chilien.html

Un article intéressant pour replacer Parra dans le contexte littéraire du continent sud-américain:

Daniel Vives, les artefacts de Nicanor Parra:ultime ultimatum de l’antipoésie,in America N° 18 (2),les formes brèves de l’expression culturelle en Amérique latine de 1850 à nos jours, Presse sorbonne nouvelle,1997.

TanKa de Février :promenade au jardin public

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Tanka de Février

Le jar/din pu/blic

a/vec ses airs pai/si/bles

hors de la vi/lle

A/bri/te  le tour/ment

du pro/me/neur en e/xil…

Le Tanka,est une forme poétique plus ancienne réservée  à l’élite nippone  dans la tradition littéraire et ,donc,

moins populaire que lHaïku ,version écourtée et neutralisée,d’où la réflexion est bannie pour ne garder que l’instant pur et l’émotion en peu de vers.

Le Tanka  en diffère par la forme et le fond qui privilégie l’expression de sentiments profonds

et  les  réflexions philosophiques etc…

    Il se construit en 31 syllabes sur 5 lignes composées :

  • d’un tercet de 17 pieds  répartis en 5/7/5

  • d’un distique de 14 pieds en 7/7

Le tercet donne la partie descriptive d’une réalité observée et /ou

sa perception sensorielle.Le distique ,lui, exprime le ressenti du poète,

les sentiments que cette image lui inspire. C’est la partie réflexive.

le Renku est une suite de Tanka ou d’Haïku , ou simples distiques en  poèmes liés , qui peut faire écho à d’autres poètes en une sorte de joute verbale,si  j’ai bien compris …

Nadia Burgrave Burggraeve©Blog des@Utopiens/2009.

Références :

L’Haïku,poésie japonaise http://utopiens.wordpress.com/2009/01/29/haiku-de-janvier/

Revue francophone de Tanka,http://www.revue-tanka-francophone.com/

AnTi -PoEsie :on ne sait pas à qui parler …

Une petite poésie des Temps modernes qui évoque l’incommunicabilité ( mot horrible rien qu’à l’écrire m ais propre aux sociétés atomisées comme la nôtre) malgré le pouvoir et la fascination que peuvent exercer les nouveaux moyens de communications et,par conséquent la société qui s’est construite autour de ce faux-semblant médiatique et qui rapporte beaucoup d’argent aux détenteurs de capitaux qui ont spéculé sur eux.Le médium remplacant le message,ce beau paradoxe est dédié aux utopiens, amis fidèles qui savent parler pour dire quelquechose.

Il m’arrive de ne pas savoir à qui parler…

Il m’arrive de ne pas savoir à qui parler…

Dans la société de communication,

C’est un monde direz-vous, que de ne

pas savoir à qui parler!

Je traverse chaque lieu de désespérance

moderne, avec pourtant,beaucoup, d’application.

Sachant que les bons mots doivent se trouver

à la bonne place ?

Mais foin, de tout cela.C’est au bavardage qu’on s’emploie,

Sans rime ni raison,dans un grand désordre loggorhéique,

je me souviens de ce que disait Sartre prophétique,

dans parler pour ne rien dire.

Et l’espérance dans tout cela,flambe. Elle s’évanouit ,elle tremble.

Depuis rien,nous allons à cent à l’heure,

des phonèmes ,en faux-jetons,monèmes monadés,

des nuées de syllabes se nouent aussitôt dénuées!

A bientôt!Que de mots jetés sans être ancrés.

Il m’arrive de ne pas savoir à qui parler…

Et je cherche ,avec beaucoup de soin,

à qui confier mes pensées,d’avant sans arrière.

Je traverse et marche dans ces espaces de modernité,

tout au portable ,au forum et autres mondialités.

Mais,c’est à l’absence,

que je suis raccordé.

J’aimerai fixer

l’instant de l’abonné.

Mais ,c’est à l’éloignement,

que je suis attelé.

Au chant du départ,

Avenue de la Gare,

qui sépare,

l’homme divisé par lui-même;

l’un dans le medium

en son temps,bavard;

l’autre in eternum

toujours en retard,

qui jette l’écran par- dessus le marché,

l’autre en face à tes côtés,étrange dualité des genres,

compartimenté en son principe, mais tous embringués!

Sur les rails roule

le train de vie,allure de cavalerie qui tue

le pas sans envie.

Il m’arrive de ne pas savoir à qui parler…

Je pourrai inventer une ombre.

Lui parler.

Qui du soir sombre,autrement,à lui-même,

soufflerait :parle à ton prochain,

comme à toi – même …

Mais on me prendrait vite pour un demeuré,

un crétin,un attardé ! J’éprouverai

de la peine,mon ombre même,

viendrait à me reprocher,

de ne savoir à qui parler…

Nadia Burgrave Burggraeve©in voyage au bout de l’Eden,Blog des @Utopiens/2008.

Haïku de lune bleue

A la lune bleue ,


Désir secret luit

dans lune de l’ amour avec

lueur de lui…


Nadia Burgrave Burggraeve©Blog des @utopiens/2009.